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Dave Thomas : « Nous sommes dans un cercle vertueux »

A 67 ans, Dave Thomas est un propriétaire heureux qui prouve que le Diam 24 od convient à toutes les pratiques. Entre régates en temps compensé et épreuves monotypes, ce britannique, installé à Antibes, enchaîne 25 jours de compétition par an.

Quel est votre parcours de régatier ?

J’ai navigué en multicoques pendant une trentaine d’années. J’ai appris la voile à Southampton en Grande Bretagne. J’ai commencé quand j’avais 21 ans mais c’était sur un dériveur classique. C’est parfait pour apprendre. Ensuite, je suis passé en Hobie Cat 16, pas pour faire de la compétition mais pour m’amuser. J’ai ensuite acheté un F25C. J’avais le seul multicoque de ce genre en France et il n’y en a eu que 40 dans le monde. C’était un trimaran en carbone très rapide. J’ai navigué en compétition sur ce bateau pendant 20 ans en France. J’ai gagné le championnat de France de multicoque à trois reprises.

Comment êtes-vous passé au Diam 24 od ?

Mon catamaran devenait vieux et demandait beaucoup de maintenance alors que je faisais tout moi-même. J’avais envie de changer et d’essayer le trimaran. J’ai regardé beaucoup de modèles différents. Il y avait des 23 pieds, des Seacats 26, des Seacats 30. J’ai remarqué que le Diam 24 était un très bon package pour remplacer mon bateau en fibre de carbone.

Mon bateau précédent pesait deux fois plus lourd, c’est à dire 950 kg avec une très grande voile. La Grand-Voile était beaucoup plus grande. Le spinnaker était plus grand également. C’est le même genre de compromis. Tu as besoin d’une grande voile mais il faut aussi être en mesure de naviguer en sécurité. Je sentais que le Diam, avec ses doubles safrans avec la possibilité de rouler la voile d’avant était la meilleure option. Il offrait par ailleurs un excellent rapport qualité / prix. Le bateau est super. Il procure beaucoup de plaisir. C’est facile de régater, c’est un bateau très sûr.

J’ai choisi le Diam24od pour sa flexibilité. La plate-forme de conception unique Diam 24 od m’a permis d’optimiser le bateau pour différents systèmes de ratings.

Quel est votre programme ?

Parce qu’il y a la remorque, je peux aller jusqu’à Toulon ou Hyères. Je suis concentré sur les régates monotypes dans cette région. Cet été, je prévois de prendre le bateau pour aller jusqu’en Grande Bretagne et de participer au « Round the Island » ainsi qu’à la Cowes Week.

J’ai déjà pris part à la Cowes Week. Je connais les conditions et la difficulté des marées et du type de parcours qu’ils mettent en place. La possibilité de mettre le bateau sur la remorque, de traverser la manche, et de participer à une course monotype offre une grande opportunité. Sur le chemin du retour, je vais peut-être inscrire le bateau sur le Trophée des Multicoques, à la Trinité sur Mer. C’est une combinaison de plusieurs challenges. Je navigue surtout ici à Antibes, Cannes et je navigue contre des monocoques. J’ai donc obtenu un rating pour le bateau.

Cela représente combien de jours de course ?

J’essaie de faire environ 25 jours de régate par an. Cela dépend beaucoup de la disponibilité de mes équipiers. Le bateau est très pratique pour être transporté d’un endroit à un autre, sur la remorque. Le seul challenge que j’ai, c’est de trouver des endroits où je peux mettre le bateau à l’eau. Ça peut-être au moyen d’une rampe ou d’une grue. Ça n’est pas très facile dans cette région. On trouve moins de multicoques que dans l’ouest car il est très difficile de trouver de la place pour stocker les bateaux. Je stock le mien à sec, à l’extérieur d’Antibes et je laisse la remorque avec le bateau, ce qui est très pratique.

Comment se compose votre équipage ?

J’ai quelques équipiers réguliers avec notamment une fille, Karine. Elle m’a rejoint il y a deux ans. Elle n’avait jamais navigué avant ça. Je lui ai appris la voile et le multicoque donc maintenant, elle se débrouille très bien. Sur la durée, j’ai surtout navigué avec des Français. 

J’ai également deux autres équipiers britanniques avec qui je navigue depuis plus de 10 ans. Le Diam est facile à naviguer mais il est très difficile de naviguer vite et de manière compétitive. Cela dépend d’un ensemble de facteurs. Cela dépend des équipiers, du poids à bord, et cela prend du temps d’apprendre à s’en servir. Nous commençons à progresser car cela fait plusieurs années que nous pratiquons le bateau. Pour des raisons de sécurité, il faut trois personnes à bord qui soient capables de barrer.

Vous avez une configuration spécifique pour la Méditerranée ?

Le bateau est vraiment pensé pour des vents relativement forts, je dirais entre 10 et 15 nœuds selon mon expérience. C’est là que l’on en tire le maximum. Sur la plupart des courses que l’on dispute dans cette région se déroulent entre sept à dix nœuds. Donc les bateaux ont besoin de voiles plus grandes. Je suis en relation avec les équipes d’ADH car je m’intéresse à ce qu’ils ont fait pour les gréements lacs qui ont été utilisés sur le Bol d’Or. J’ai donc modifié mon bateau d’une manière assez proche afin de pouvoir bénéficier d’une Grand Voile plus grande. C’est un bateau customisé. Grâce aux supports de Vianney, des ingénieurs d’ADH et les conseils de Randy Smith (double médaillé d’argent aux Jeux Olympiques, ndr), j’ai pu optimiser la configuration de voile pour les différents systèmes de rating (M2K and MOCRA, ndr).

Est-ce qu’il est problématique d’avoir une flotte mixant professionnels et amateurs ?

Le Tour de France et le World Tour aspirent la plupart des équipages professionnels. Ca n’est absolument pas un problème qu’il y ait des amateurs et des professionnels. On sait que l’on ne peut pas terminer premier mais on peut toujours bagarrer pour être tout près des premiers et on apprend énormément en navigant aux côtés de professionnels. Le fait d’avoir plus de bateaux et plus de régates est un cercle vertueux. Plus y a de régates et plus il y a de bateaux.

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